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2 articles avec ateliers conseil en image

Notre façon de nous habiller dépend de notre hystoire.

Publié le par LES ATELIERS DU BIEN-ETRE 06 NICE

La mode, une histoire de famille

Bon chic bon genre, décontractées, excentriques ou sexy, nos tenues vestimentaires sont toujours un héritage familial, qu’il soit conscient ou inconscient. La psychanalysteIsabel Korolitski décrypte pour nous quatre histoires de femmes.

Derrière notre intérêt ou désintérêt pour la mode, derrière notre style, nos goûts pour telle matière ou telle couleur, il y a toujours un discours familial, fait de messages verbaux et non verbaux, avance la psychanalyste Isabel Korolitski. Notre relation aux vêtements exprime notre rapport au regard de l’autre, à notre féminité, à ce que l’on veut cacher ou montrer de soi. » Que l’on soit dans le culte de l’apparence, dans le mépris ou dans l’ignorance de la mode, nous racontons une histoire singulière, la nôtre. Faite d’interdits ou d’incitations, d’imitation ou de rupture. « La façon dont nous choisissons de nous habiller parle toujours de notre place en tant qu’être social et de notre identité sexuée, continue la psychanalyste. Nous pouvons reproduire ces codes, les interpréter et les rejeter ; c’est ce choix, pas toujours conscient, qui dit celui ou celle que nous voulons ou ne voulons pas être. Dans ce que nous faisons de notre héritage, c’est vraiment de notre identité qu’il est question. » Surtout chez les femmes.

Certaines petites filles sont les poupées de leur mère, d’autres le fils qu’elles n’ont pas eu, d’autres encore sont ses rivales. Dans ces jeux de rôles inconscients, le message se traduit par la façon d’interdire ou d’encourager, de conseiller, de laisser libre de faire ou d’imposer. Tel vêtement sera convoité en vain, telle couleur déclinée à l’infini.

« Chaque fillette cherche, par le jeu des vêtements et des accessoires, la femme qu’elle sera, poursuit Isabel Korolitski. Aussi belle que sa mère, ou son parfait opposé. Lorsque le modèle maternel n’est pas satisfaisant, elle cherche son inspiration ailleurs ; c’est ce support qui l’aide à se construire en tant qu’être sexué. » Le rejet ou l’attrait des vêtements ultraféminins, le mépris de la mode, l’enfermement dans un uniforme, la passion des accessoires… Toutes ces postures ont un sens et méritent que l’on s’y attarde pour comprendre de quels messages familiaux elles sont le fruit.

Anne-Lise, 37 ans

“Ma marraine, parfait opposé de ma mère, m’a toujours inspirée”

« Dans ma famille, les femmes ne se soucient pas vraiment de leurs vêtements. Je dirais qu’elles cultivent une sorte de neutralité de bon aloi. Ni mal habillées ni vraiment bien habillées. À l’exception d’une femme qui a été mon phare, la sœur de ma mère, qui est aussi ma marraine. C’est l’excentrique de la famille, la seule que je voyais porter des talons, des couleurs vives et des bijoux insensés. C’est elle qui, pour mes 18 ans, m’a offert ma première paire de chaussures à talons, des escarpins vieil or ! Ma mère a failli en tomber à la renverse. Depuis, je n’ai pratiquement plus porté de chaussures plates. Et, comme ma tante, je mise sur les accessoires, les colliers plastrons, les gros bracelets et les chaussures. Mais, contrairement à elle, je ne porte globalement que du noir, ce qui fait ressortir d’autant mieux mes accessoires. »

Le décodage d'Isabel Korolitski : « Derrière les vêtements, il y a cette question fondamentale et sans doute inconsciente : quelle femme est-ce que je veux être ? Une interrogation qui commence par un refus, celui de ne pas être une femme neutre, invisible donc, comme celles décrites par Anne-Lise, à l’exception de l’une d’entre elles, sa tante. Celle-ci incarne à ses yeux une femme vivante, désirante et désirable, qui, telle la marraine de Cendrillon, va offrir à sa filleule une paire de chaussures dorées à talons pour ses 18 ans. Tout est concentré dans ce symbole : le rêve, la féminité, l’érotisme et l’affranchissement, puisque 18 ans, c’est l’âge de la majorité. La féminité, comme le style, se construit, elle vient d’influences, d’inspirations, elle s’appuie sur des guides et des modèles. D’abord, elle reproduit ou elle prend le contre-pied de la culture familiale dominante, et, dans un second temps, elle se singularise. C’est le cas d’Anne-Lise. Elle ne devient pas le clone de sa marraine, mais elle a trouvé son style personnel en s’inspirant d’une femme qui incarnait la féminité qu’elle voulait à son tour incarner. »

Marie-Ange, 38 ans

“Grâce à ma mère, j’ai toujours eu de beaux vêtements”

« Je viens d’un milieu très modeste, mais ma mère a toujours mis un point d’honneur à bien m’habiller. Elle ne voulait pas que je sois en reste, disait-elle, pas question pour elle que je sois stigmatisée, compte tenu de mon milieu. J’ai donc toujours eu des vêtements chers et beaux, que je choisissais. Elle était critiquée pour cela par ses sœurs, et même par sa mère, qui lui disait qu’elle avait la folie des grandeurs. Mais ces beaux vêtements griffés, c’était comme une armure pour moi, ça me donnait confiance. Aujourd’hui, je suis médecin, j’ai donc changé de milieu social, j’aime toujours les beaux vêtements, je suis la tendance en l’adaptant à mon style, que je définirais comme bobo chic et ethnique. »

Le décodage d'Isabel Korolitski : « Les vêtements nous représentent. Dans notre réalité sociale ou dans le devenir social que l’on désire pour soi. Dans ce cas, c’est la mère de Marie-Ange qui se sert des vêtements comme d’un passeport pour changer de milieu. On ne sait pas si la mère épouse l’ambition de sa fille ou bien s’il s’agit de la sienne qu’elle projette sur elle ; ce qui est sûr, c’est qu’elle a tout mis en œuvre pour lui ouvrir des portes. Il ne s’agissait pas seulement de lui payer des études, mais de lui donner la possibilité de changer de classe sociale. Ce que les autres femmes de la famille semblent lui reprocher. La mère de Marie-Ange répare peut-être des choses de sa propre histoire, mais, en laissant sa fille choisir les vêtements qu’elle lui offre, elle la laisse libre d’exprimer son désir, libre de choisir. Ce qui explique aussi que, aujourd’hui, Marie-Ange suive la mode, tout en l’adaptant à un style qui lui est propre. Les vêtements lui ont donné confiance en elle, l’ont protégée du mépris social que sa mère redoutait tant. »

Alexandra, 45 ans

“Classique et si possible classe, comme les femmes de ma famille”

« Zéro froufrou. C’est ce qui résume le mieux ma culture familiale en matière de vêtements. Une devise que je continue à appliquer et que j’essaie en vain de transmettre à mes filles de 15 et 13 ans. J’ai encore dans la tête la voix de ma mère disant “c’est d’un ordinaire !” devant les dentelles, les paillettes, les décolletés… Devant tout ce qui est too much dans la féminité ou le sexy. Mes trois sœurs et moi adorons les beiges, les gris, tout ce que mes filles trouvent fadasse. Mais c’est comme ça, je ne me sens à l’aise que dans des vêtements aux coupes classiques, aux couleurs douces et sourdes, et lorsque je mets des talons, ce ne sont pas ces horribles chaussures à patins que portent les drag-queens, et qui font une démarche d’échassier, que mes filles rêvent de porter. Je suis un peu triste de ne pas avoir réussi à leur transmettre ce goût du beau non tape-à-l’oeil. »

Le décodage d'Isabel Korolitski : « Il y a une façon d’être bon chic bon genre qui exprime l’interdiction de la séduction, du désir, qui refuse la sexualité. Cela semble être le cas ici. L’important est de présenter aux autres une sorte d’irréprochabilité dans ce domaine. Il est question de couleurs sourdes, de belles matières, de belles coupes et d’un rejet brutal de tout ce qui pourrait être affriolant. Comme si une femme exprimant quelque chose de l’ordre de l’érotisme, de la sensualité ne pouvait être que vulgaire. Si Alexandra semble prisonnière de cet interdit familial, il semble qu’elle ait inconsciemment accordé plus de liberté de pensée et d’agir à ses filles, qui, à 15 et 13 ans, semblent ne tenir aucun compte des codes familiaux. Alexandra vit-elle l’expression sensuelle de sa féminité à travers elles ? On peut penser que oui : d’une certaine façon, elle semble assez admirative de l’audace revendiquée de ses filles. Quant à sa peur de ne pas avoir transmis le goût du beau, il me semble qu’elle est excessive. Ses filles auront en grandissant toute latitude de conjuguer une féminité sans entraves avec un amour des belles matières et des belles coupes hérité de leur mère. »

Cécile, 42 ans

“Pour ma mère, je m’habille comme une souillon”

« Ma mère, en grande bourgeoise, a toujours respecté les codes vestimentaires de son milieu. J’ai eu l’impression de traverser mon enfance et mon adolescence endimanchée. Comme j’étais passionnée par les chevaux, je n’avais aucun intérêt pour les “trucs de filles”. Je n’ai jamais vu ma mère autrement que bien habillée. J’ai suivi ma passion, je suis devenue monitrice, puis je me suis associée avec celui qui est devenu mon mari pour monter un centre équestre. Je vis en jean ou en culotte de cheval et bottes. Ma mère m’a dit une fois : “Ça ne dérange pas Alex de vivre avec une femme qui est en permanence habillée comme une souillon ?” Je l’ai pris comme une plaisanterie pour ne pas faire d’histoires, même si le mot de souillon m’a choquée. Car je fais très attention à ce que je porte dans le style qui est le mien, et je porte des robes et des talons avec plaisir quand les circonstances s’y prêtent ; je ne suis simplement pas en défilé permanent sous le regard des autres. »

Testez-vous !

Et vous, quel style avez-vous ?Chacun vit avec plus ou moins de plaisir ou de contrainte, ce rituel autour des habits qu’il nous faut bien (re)composer chaque jour. Découvrez ce que révèle votre quête de style et comment vous mettre en valeur, sans vous déguiser, bien sûr !

Le décodage d'Isabel Korolitski : « Le look de Cécile semble déranger sa mère à plusieurs niveaux. Il lui dit que sa fille n’est plus sa poupée qu’elle habillait en enfant modèle. Il dit aussi que l’on peut ne pas respecter les codes classiques de la séduction, celle qui est destinée à plaire à l’homme que l’on aime. Enfin, il y a une rupture avec les conventions sociales de sa famille, où l’on ne doit pas apprécier qu’une femme exerce un métier d’homme. Cécile n’a repris aucun des codes de son milieu, c’est sans doute cela qui lui est reproché quand sa mère lui dit qu’elle s’habille comme une souillon. Ce qui n’est pas le cas, puisqu’elle dit faire attention à ce qu’elle porte, dans son style à elle. Dans ce soin porté à sa mise, on peut lire que la transmission maternelle a opéré, mais selon des modalités qui lui sont propres. Elle dit aussi porter avec plaisir robes et talons quand les circonstances s’y prêtent. Ici, le mot essentiel est “plaisir”. Dans ce témoignage, on voit l’importance du vêtement comme l’expression très forte de la singularité. »

Notre façon de nous habiller dépend de notre hystoire.
Notre façon de nous habiller dépend de notre hystoire.
Notre façon de nous habiller dépend de notre hystoire.
Notre façon de nous habiller dépend de notre hystoire.
Notre façon de nous habiller dépend de notre hystoire.
Notre façon de nous habiller dépend de notre hystoire.

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