Comment être moins suceptible

Publié le par LES ATELIERS DU BIEN-ETRE 06 NICE

Quel que soit notre âge, nous sommes nombreuses à nous vexer pour un rien. Mais ce “sale caractère” cache avant tout une souffrance. Chercher à compren­dre le pourquoi de nos réactions, et modifier notre regard sur les autres et aussi sur nous-mêmes, est encore le meilleur moyen de nous pacifier.

1. Pratiquer l’autocompassion

Les blessures qui nous font souffrir sont souvent liées aux manques d’hier. Aux manques de douceur, de compréhension, d’amour. Les difficultés de la vie réveillent ces failles. « Leur guérison est liée à la bienveillance que l’on peut s’accorder, affirme -Christophe -André*, psychiatre et psychothérapeute. Il faut apprendre à s’accepter avec ses défauts, à se réconforter et à s’encourager après un échec. L’autocompassion stabilise notre ego, elle nous protège du risque dépressif et nous permet de garder notre énergie, au lieu de la gaspiller en vaines colères contre soi. »

*Auteur de Les états d’âme. Un apprentissage de la sérénité (-Odile Jacob).

2. Rechercher les bénéfices

On se vanne, on se pique, on se fâche… Dans un couple conflictuel, il y a deux personnes susceptibles. Le sexothérapeute Alain -Héril* propose de chercher les bénéfices inconscients d’un tel comportement : ce peut être une façon de se tenir à distance l’un de l’autre, pour éviter l’intimité. Le but est donc d’arriver, peu à peu, à identifier les souffrances qui nous figent dans ces attitudes agressives. « C’est un travail d’introspection très efficace : on se met en recul de soi-même, on entre alors dans un processus de changement et de réparation de l’enfance. »

*Auteur de Aimer, comment s’aimer soi-même pour aimer les autres (Flammarion).

3. Se centrer sur ses sens

Vous allez à un rendez-vous où, vous le savez, vous risquez d’être mise en cause. Pour éviter de ressasser et prendre du recul, -Stéphanie Hahusseau*, psychiatre, propose de concentrer votre attention sur vos sens. Par exemple, en voiture, sur le trajet du rendez-vous, soyez attentive à la sensation de vos mains posées sur le volant, écoutez ce qui se dit à la radio, observez le paysage qui défile. Une façon de court-circuiter l’état émotionnel négatif qui vous prédispose à l’agressivité, et d’aborder votre rendez-vous dans un état d’esprit constructif.

*Auteure de Tristesse, peur, colère. Agir sur ses émotions (Odile -Jacob).

4. Se fixer un objectif

En réunion, votre boss sème la terreur à coup de phrases humiliantes. Comment ne pas vous affoler ? Isabelle Filliozat* conseille de vous donner un code de conduite, comme décider de lui poser trois questions. « C’est déjà une façon de se sentir sujet et non plus objet, dit-elle, de créer une dynamique vers un but. Résultat : on est plus attentive à ses propres actes qu’à ce que font ou pensent les autres. »

*Auteure de Les Autres et moi. Comment développer son intelligence sociale (JC Lattès).

5. Mettre l’émotion en mots

Certains soirs de grosse fatigue, les blagues de votre mari ne passent pas du tout. Mieux que la porte qui claque, -le psychothérapeute -Hervé -Magnin* vous conseille de mettre des mots sur votre émotion. Demandez à votre conjoint d’éviter de faire de l’humour quand il vous voit stressée. Expliquez-lui que vous avez besoin de détente et non de frôler l’implosion. Une attitude à éviter, en revanche, dans un contexte hostile, car ce serait fournir des armes au camp adverse.

*Auteur de Susceptible et bien dans ma peau (Jouvence).

6. Gagner du temps

« Quand l’émotion est forte, nos réactions sont souvent épidermiques », explique Hervé -Magnin. Votre patron vous reproche d’être “molle” au travail, vous ripostez, pas toujours adroitement, ou vous vous cloîtrez dans un silence dépité. Il existe d’autres moyens de sortir de cette mauvaise passe :

Ne dites rien dans un premier temps. Concentrez-vous sur votre respiration profonde.

Écoutez jusqu’au bout. Cela peut vous servir.

Faites le tri. Demandez-vous ce qui vous paraît juste, ou pas, dans ce que vous venez d’entendre.

Laissez reposer. Dites, par exemple : « J’ai bien écouté, j’ai besoin de temps pour y réfléchir, peut-on se revoir demain pour en parler ? » Cela vous laissera un délai pour prendre du recul et nuancer votre réaction.

7. Définir le scénario idéal

Votre mère a l’art de la petite phrase qui fâche. « Il n’y a qu’à toi que ça arrive, ce genre de choses… » De quoi geler la communication. Comment en sortir ? Catherine -Aimelet-Périssol*, psychothérapeute, propose de faire le point sur le type de rapports que vous souhaitez avoir avec elle. Vous rêvez d’une relation affectueuse et apaisée ? Bâtissez votre histoire au lieu de la subir : décidez d’accueillir ses maladresses avec indulgence, éliminez les mésaventures avant de lui raconter votre semaine, rassurez-la sur ses inquiétudes de mère. « Réfléchir à la qualité de la relation ouvre à l’action. On voit l’autre différemment. Cela aide à l’écouter et à se centrer sur lui. »

*Auteure de Mon corps le sait (Robert Laffont).

8. Identifier les peurs de l’autre

À plus de 40 ans, vous êtes toujours célibataire. Une amie vous assène : « Tu n’as pas peur de finir seule ? » Vous êtes à deux doigts de le prendre mal. Épargnez-vous cette peine : « Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, explique Isabelle -Filliozat. Dans le fond, votre amie ne parle pas de vous, mais de sa peur de l’abandon, de la solitude, de l’âge et de la mort. En comprenant ce mécanisme, on peut s’immuniser contre des souffrances inutiles. »

9. Prendre du recul

Chaque fois qu’une réflexion nous renvoie à une pensée négative, telle « personne ne m’aime », la formatrice -Byron -Katie* suggère de se poser quatre questions, toujours les mêmes :

1. Est-ce vrai ?

2. Puis-je savoir avec certitude si c’est vrai ?

3. Quelle réaction suscite en moi cette pensée ?

4. Comment me sentirais-je sans cette pensée ?

Après cela, inversez la phrase. Par exemple, dites-vous « Les autres m’aiment » et explorez les circonstances où cela se vérifie. Autre inversion possible : « J’ai du mal à aimer les autres. » Allez ensuite voir dans quelles situations de votre vie cela est le cas. Il s’agit d’un travail approfondi sur nos projections, particulièrement utile quand nous reprochons aux autres ce que nous ne voulons pas voir en nous.

Etes-vous quelqu'un de résilient ?
 
 
Comment être résilient ?
 
Selon Boris Cyrulnik, la résilience se crée en fonction du tempérament du sujet, de la signification culturelle de sa blessure et du type de soutien social dont il dispose.
 
Pour Stefan Vanistendael, les facteurs de résilience reposent à la fois sur des réseaux d’aide sociale – comme la famille ou les amis – avec une acceptation inconditionnelle de la personne, sur la capacité spirituelle à trouver un sens à la vie, sur le sentiment de maîtriser son existence, sur l’amour propre et enfin sur un certain sens de l’humour.
 
Mais, selon cet auteur, la résilience n’est ni absolue ni stable.
 
Il faut donc la cultiver.
 
Pour aider les enseignants, psychologues, assistants sociaux et autres professionnels de la santé, à stimuler la résilience des enfants et des personnes qui leur sont confiés, Steven et Sybil Wolin, des spécialistes américains de la résilience, ont imaginé une sorte de Mandala des sept grandes résiliences, avec le « soi » au centre et comprenant à la périphérie :
 
la prise de conscience, c’est à dire la capacité à identifier les problèmes et leurs sources, et à chercher des solutions en harmonie avec les autres.
 
l’indépendance, basée sur la capacité d’établir des limites entre soi et les autres, de telle sorte que l’on puisse rompre les mauvaises relations et se distancer des manipulateurs.
 
les relations elles-mêmes, qui reposent sur la capacité de se choisir des partenaires en bonne santé mentale.
 
l’initiative, qui permet de se maîtriser et de maîtriser son environnement en prenant plaisir à des activités constructrices.
 
la créativité, dont l’objet consistera, en l’occurrence, autant à trouver refuge dans l’imaginaire qu’à exprimer ses émotions de manière positive.
 
l’humour, pour diminuer la tension intérieure et voir l’aspect comique de toute tragédie.
 
l’éthique, qui permet de guider l’action et de développer l’entraide et la compassion.
 
La connaissance de ces sept aspects fondamentaux de la résilience est à même d’apporter à chaque personne vivant ses drames et ses blessures de manière individuelle, une réponse adaptée à son cas, c’est à dire en fonction de son patrimoine génétique, des circonstances de sa petite enfance, des messages qu’elle a reçus, des attachements qu’elle a créés, de sa manière d’entrer en contact avec les autres, de sa santé, de son intelligence, de sa culture, de sa spiritualité, etc.
 
Mais si l’adulte peut tirer profit de ces enseignements, c’est naturellement surtout à l’enfant, encore à construire, qu’ils s’adressent.
 
Favoriser la résilience chez l’enfant
 
C’est évidemment dans l’enfance, voire dans la petite enfance, que se forme l’essentiel des ressources qui permettront, plus tard, la résilience.
 
Il va sans dire qu’un enfant né avec une bonne hérédité dans une famille en bonne santé aura plus de chances, au départ, qu’un enfant issu d’une famille de drogués violents.
 
Mais, au-delà de ces considérations touchant à la santé physique, il ne faut pas oublier que l’enfant baigne dans un environnement de messages qui vont, à eux seuls, déterminer un véritable scénario de vie, bien souvent passablement négatif, dont il aura, par la suite, beaucoup de mal à se défaire.
 
Toutes sortes d’injonctions, comme « ne m’ennuie pas » ou « laisse ta sœur tranquille », des attributions comme « tu es nul » ou « tu es maladroit », ou encore des bribes de conversations du type « il nous donne bien du souci », constamment répétées tout au long de la si longue enfance, construisent un scénario de vie négatif dont l’individu ne pourra plus s’échapper, même en face d’un événement particulièrement traumatisant comme la séparation de ses parents, une agression sexuelle ou des drames de guerre…
 
Fort heureusement, si l’on peut fabriquer des scénarios négatifs, il est également possible de favoriser la résilience de l’enfant par des contre-scénarios beaucoup plus positifs, comme « sois parfait », « sois fort », « fais des efforts », « fais plaisir » ou « dépêche-toi ».
 
Ces cinq messages types, induisant des comportements basés sur la recherche de perfection, le désir de se débrouiller seul, ou sur celui de faire plaisir à l’entourage, se retrouvent en effet souvent mis en œuvre par les enfants résilients.
 
Bien sûr, l’enfant est également très influencé par la culture dans laquelle il est élevé, par la religion, la présence ou l’absence d’adultes compétents et le niveau économique de la famille.
 
Mais dans le domaine de ce qui peut lui être appris, indépendamment des conditions sur lesquelles cette famille n’a pas de prise, il demeure évident que certains comportements positifs peuvent être privilé
L’attitude des adultes
 
Favoriser la résilience chez l’enfant, c’est lui permettre de développer des capacités :
 
de communication,
 
d’humour,
 
d’autonomie,
 
de résolution des problèmes,
 
de prise de conscience des réalités,
 
de développement spirituel,
 
et de croyance en un futur positif.
 
Pour cela, les spécialistes s’accordent à dire que trois groupes de facteurs protecteurs sont indispensables :
 
1/ Tout d’abord, il est évidemment nécessaire qu’il y ait au moins une personne, dans la famille ou, à défaut, à l’école, qui soit concernée par le bien-être de l’enfant.
 
2/ Il est d’autre part impératif que cette ou ces personnes aient des attentes importantes et positives vis à vis de l’enfant.
 
Chez un enfant qui croit qu’on le prend pour un idiot, la résilience chute gravement.
 
Il faut, au contraire, lui faire comprendre qu’on attend beaucoup de lui car il a beaucoup de capacités.
 
3/ Enfin, il est également important de donner à l’enfant un maximum d’occasions de participation.
 
S’il reste simple consommateur des aides qu’on lui dispense, nul doute qu’il aura bien du mal à devenir résilient.
 
Par contre, en lui enseignant comment devenir acteur de sa propre vie, il pourra non seulement s’aider lui-même en cas de besoin, mais aussi aider les autres.
 
Et cela, c’est le sommet de la résilience !
 
Bien à vous,
 
Jean-Baptiste Loin

Publié dans Psycho, Coach de vie, Bien-Etre

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